Noir. Chaud. Noir et Chaud. C’était tout ce qu’elle ressentait actuellement. Encore toute engourdie de sommeil, la tête posée sur un traversin de plumes et couverte par une épaisse couette, elle somnolait profondément et savourait cette douce chaleur qui l’entourait. La lumière se fit légèrement plus intense et elle sentit plus qu’elle ne vit son amour entrer dans la pièce.
Comme chaque matin quand il ne devait pas s’enfermer tôt dans un train pour aller travailler, il venait la réveiller doucement. Il commençait par s’assoir sur le côté du lit, puis posait une de ses mains sur la couette. Il se penchait alors vers elle et lui murmurait à l’oreille: « Ma chouchou, réveille-toi. Il est l’heure. »
Elle poussait alors un petit grognement pour lui signifier qu’elle l’avait entendu mais ne bougeait toujours pas jusqu’à temps qu’il insiste une deuxième fois. Elle se saisissait alors de sa main et se tournait de manière à ce qu’il soit forcé de s’allonger contre elle. Il devait alors s’extirper de sa douce emprise et prononcer à nouveau son propos.
Mais cette fois, quelque chose était différent. Elle lui trouvait l’air plus léger, malicieux. Comme quelqu’un qui a une bonne surprise a annoncer et qui se retient, attendant le moment propice. Et comme souvent, elle ne se trompait pas. Il avait quitté l’appartement alors qu’elle rêvait encore et avait acheté de quoi lui préparer un bon petit déjeuné: Du lait et des petits pains au chocolat.
Elle sentit son cœur battre la chamade alors qu’une bouffée d’amour l’envahissait. Le rouge lui monta aux joues et elle enfouit son visage contre le torse de son aimé. Il la pris par la main et la guidât dans leur salon. Ses yeux, encore habitués à l’obscurité de la chambre, refusaient de s’ouvrir pleinement, brouillant sa vue mais empêchant un éblouissement certain. Qu’importe. Elle l’avait lui pour la mener devant le bol, fumant et emplit du succulent mélange de lait et de cacao en poudre. Après que son regard se soit éclaircit, elle remarqua le petit pain doré, délicatement recouvert d’une couche de glaçage sucré, posé sur son emballage de papier.
Fidèle à son habitude, elle ouvrit un des six tiroirs de Norden -leur table suédoise- et se saisit d’un couteau; entreprenant ensuite couper son petit pain en deux. Une fois cette tâche accomplie, elle trempa une des extrémités de la viennoiserie dans son bol et la laissa s’égoutter quelques instants. Fermant les yeux, elle mordit doucement son petit pain, laissant le gout de cacao emplir sa bouche…
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